Millésime 2007, 2008, 2009

Le millésime 2007 me tient particulièrement à coeur. De composition similaire au précédent, il offre à la fois la présence méridionale du 2005 et la finesse du 2006. Le néo-vigneron que j’étais commençait à trouver ses marques. En outre, après trois années de soins attentifs, les carignans ont vraiment exprimé tout leur potentiel, en réponse aux grenaches du domaine, brillants depuis le début.

 

Il se boit splendidement bien pour l’instant, alliant un fruité explosif au côté solaire et termine sur une belle trame tannique. Je pense néanmoins qu’il faudrait encore l’attendre un peu et il surprendra les amateurs inconditionnels de clarets « à la bordelaise ». Il n’est pas réellement vinifié pour eux.

 

 

 

Mon importateur ostendais, Werco Wines, l’a immédiatement sélectionné et plus d’un bon restaurant de Bruges et du Bachten de Kuppe l’a mis à sa carte.

 


 

Le millésime 2008 vient de se voir décerner une étoile dans le Guide Hachette 2012. Cela ne le rend pas meilleur mais il me plaît que ma cuvée principale soit enfin récompensée (après 3 autres distinctions sur les années précédentes).

 

Tout s’est déroulé à merveille ... sauf le rendement : 128 hl seulement pour toute l’exploitation, qui totalise environ 10 ha en production. La concentration était donc au rendez-vous et il ne fallait pas vinifier « comme une brute ».

 

Ce vin a été harmonieux d’emblée, montrant toutefois de fortes variations d’un jour à l’autre à la dégustation. L’hiver de 2008 à 2009 a été très clément et il n’a jamais fait froid dans la cave. Nous n’avons donc pas eu la précipitation du tarte dans les cuves qu’on observe d’ordinaire et certaines bouteilles présentent un dépôt. C’est un phénomène naturel, qui ne modifie pas le goût du vin et ne doit pas vous inquiéter.

 

Bernard Poulet le propose également sur Bruxelles.

Faites vite, il n’y en a eu que 4.000 bouteilles, sécheresse oblige !

 


 

 

 

 

Le millésime 2009 inaugure les macérations pré-fermentaires à froid chez nous. Cette technique consiste à laisser macérer la vendange dans la cuve, en la refroidissant (14°C), pour que la fermentation ne démarre pas trop vite. Une période « d’infusion à froid» en phase aqueuse permet d’extraire les caractères aromatiques les plus fruités, nobles, qui me plaisent tant.

 

Le 2009 est en tout point semblable au 2008, avec un surcroît de fraîcheur et de suavité. Toutefois, ses tannins ont besoin d’encore un peu de temps. Le rendement a encore été inférieur – comme sur toutes les exploitations.

 

J’ai pris le pari commercial de consacrer la quasi-totalité du meilleur de la cave (sauf la « Cuvée du Casot ») à cette cuvée. Nous n’avons pas élaboré de cuvée Eglise, ni de Loute.

Ce fut une décision guidée par le destin car la grêle du 16 juin 2010 a ravagé mes parcelles maurynates et il n’a pas été possible d’assembler de Cuvée Majou en 2010. Nous devrons donc faire l’impasse sur ce millésime.

 

Je n’ai pas encore mis de 2009 à la vente, mais je le déguste régulièrement ... souvent avec des amis. Le collègue du Château Mansenoble (Corbières, Montagne d’Alaric) – ancien assureur de la région d’Oudenaarde – Guido Jansegers et le « Bekende Vlaming » Herwig Van Hove, journaliste spécialisé, pensent que c’était mon meilleur vin.

 

Mais ils n’ont pas encore dégusté les deux plus récents millésimes !